« Chère Grisélidis, lorsque je t’ai rencontrée pour la première fois, je t’ai reconnue tout de suite. Pourtant, tu étais déjà morte. Depuis longtemps. »
« Nous remontons la rue de Berne depuis la rue du Mont Blanc. Je cherche ta trace. Ta vie. Ici.
J’explique à mon fils que Grisélidis s’est prostituée ici. Qu’elle habitait le quartier.
Je t’ai trouvée. Au fond du Cimetière des rois. Bien cachée. Dans ce cimetière annoncé par nul panneau. Discret.
Tu as de la visite régulièrement. Des fleurs d’âge différent, sur l’herbe. Des cailloux disposés sur ta pierre tombale.
Je reviendrai te voir un jour de grand beau temps.
J’ai à peine le temps de formuler cette promesse, que je t’aperçois, sur le quai du tram (ligne 14, arrêt Stand), où tu attends, de même que moi.
Une toque de fourrure noire, glissée sur une longue chevelure tout aussi noire, lisse et brillante, yeux idem, entrapercus sous un parapluie crème. Un manteau sombre ajusté à la taille, comme une robe. Des boots blanches. Toi. Ta réincarnation. Une de tes filles.
Thébaïdes, fanzine auto-publié par un collectif d’artistes-auteurs belfortains, sur une idée d’Isabelle Féébrile, numéroté à 80 ex., 2021.
Un cadavre exquis réalisé entre novembre et décembre 2020, à Belfort, par Angèle Casanova, Patrick Jannin, Côme Rudler, Myriam OH, Quentin Bob Mercier et Isabelle Féébrile. Au départ, un mot : « Thébaïdes ».
Ma création est un mur d’idées concernant la confrontation, dans un même espace, la Vieille ville, à Belfort, de caméras de surveillance bien réelles et de caméras factices (street art, artiste inconnu, papier collé). L’idée de lier le terme « thébaïdes » (lieux isolés) aux caméras de surveillance m’a semblé couler de source, en plein confinement, et dans le contexte de la loi de surveillance globale. Un projet de cartographie des caméras de surveillance à Belfort avait également vu le jour quelques jours auparavant, et je l’ai intégré au projet. Ce projet représente ma première publication non linéaire, intégrant photographies, classification de données sur l’espace de la page, avec inscription de textes poétiques en impro. Cette création fait suite au livre pauvre L’œil de la caméra, créé en duo avec David Ortsman (dessin), sous la houlette de Daniel Leuwers dans le cadre de la collection De l’Allemagne (Belfort), en 2019. Le point de départ de ce premier projet est le même : la découverte de ces papiers collés représentant des caméras de surveillance, en Vieille ville.
Libres regards, éditions Catalpas et Festival Libres regards, 2020. Un fanzine pensé par l’artiste Florent Wong pendant l’édition 2019 du Festival Libres regards. Cinq poètes contemporains ont illustré ses dessins par leurs textes. Un fanzine qui flirte avec le livre d’artiste, chacun de ses 100 exemplaires étant peint à la main au verso.
Dessins de Florent Wong. Textes de Josiane Bataillard, Angèle Casanova, Jacques Moulin, Marie de Quatrebarbes, Théo Wong. 16 cm x 23,5 cm, 8 pages. Sérigraphié à l’imprim&rie en noir sur papier Olin regular blanc naturel 90 g. Tirage limité à 100 exemplaires.
Color’zine, Hérilab, laboratoire d’arts graphiques, Médiathèque d’Héricourt, fanzine créé suite à un cycle d’ateliers d’écriture graphique en avril – juin 2019 (1 atelier pour les enfants, 1 atelier pour les ados et les adultes, et 1 matinée de restitution / création du fanzine Color’zine).