Livres adultes

PROJET POÉSIE TECH [En cours d’écriture]

Textes, dessins, livre d’artiste par Angèle Casanova.

Depuis mai 2025, je suis en immersion auprès de l’équipe technique de la Poudrière. J’observe ce qui se passe entre eux et les musiciens, je prends des notes, j’apprends les lights et le fonctionnement technique de la salle. J’ai écrit un premier poème « Plumes de papier » lors des balances de la release party de Fat Jeff le 4 avril 2026. Un livre s’écrit en ce moment.

« y a des cœurs qui tombent

quand la musique est forte »

© Angèle Casanova

« Harlem, mardi 18 juillet 2017

J’ai assisté à une block party dans la 119e entre ACPJ et Lenox, où habitait C., ma sœur, quand j’ai commencé mon projet. J’ai oublié de noter la date exacte de cette fête, et la décris après coup. Je pense qu’elle s’est déroulée le 8 juillet, mais n’en suis plus sûre. La rue, bloquée à la circulation, est animée, des barbecues improvisés le long des trottoirs. Le propriétaire de la maison voisine de celle de C. tient un stand de « Poulet à volonté » au pas de sa porte, et nous accueille chaleureusement. Les chamailleries de fin de bail sont oubliées. Tous les habitants de la rue sont assis dans leurs escaliers et discutent en nous regardant passer. Nous y revenons dans l’après-midi, et cette fois-ci, des enfants jouent à des jeux d’eau sur la chaussée. »

LA RUE DE A À Z, HARLEM, 2012-2019 [En cours d’écriture]

Textes, photographies, collages par Angèle Casanova.

Poèmes et prépublication du projet dans bad x 15 et autres textes, in : revue Les Cahiers de Tinbad, n°5 (Janvier 2018), Éditions Tinbad, p. 53-60.

Obtention d’une Bourse de création de la Région Bourgogne-Franche-Comté en 2018-2019.

Ce projet a été initié en décembre 2012 lors d’un premier séjour à Harlem. Ma sœur
ayant résidé 15 ans dans ce quartier, j’y suis revenue régulièrement jusqu’en 2019, pour des séjours qui m’ont permis d’imaginer un projet d’écriture au long cours.

© Angèle Casanova

ARCHITECTES DE MES RÊVES [À paraître]

Textes d’Angèle Casanova, illustrations d’Ana Mejia Eslava. Magasin numéro 3, date en attente.

« je suis l’architecte de mes rêves
un rêve ou mille
peuvent m’agiter
j’y suis en mon pays


une ville se dessine là
déserte
où j’habite
nuit après nuit

des liens se tissent de rêve en rêve
au fil de mes déménagements
qui sont autant de nuit »

Le layon, © Ana Mejia Eslava

Le texte a été adapté pour le spectacle Architectes de nos souvenirs, par mon duo avec Séverine NestArchitectes de nos rêves.

© Jacques Cauda

LE DORMEUR DOIT SE RÉVEILLER [À paraître]

Textes d’Angèle Casanova, illustrations de Jacques Cauda, Editions Tarmac, date en attente.

« Le dormeur. Doit. Se réveiller.

Tu dois passer à autre chose. Oublie-le,

Tu dois te,

Il n’en vaut pas la peine.

Le dormeur doit. Se. Réveiller. »

LÀ OÙ L’HUMAIN SE PLANQUE, suivi de À ouvrir dans trente ans et de Terre creuse [À paraître, 2e éd. augmentée]

Textes d’Angèle Casanova, couverture de Jacques Cauda, Editions Tarmac, date en attente.

Depuis la première édition de Là où l’humain se planque en 2017, parler ouvertement des violences sexuelles et psychologiques dans le couple, la famille, et dans la société au sens large, est devenu possible. Regrouper les textes, disséminés dans mes différents livres, qui effleurent, tentent de décrire ces faits, m’a semblé nécessaire, pour cette 2ème édition augmentée.

RENARD ET BRELOQUES

Textes, collages et dessin d’Angèle Casanova.

Editions du Carnet d’or, 2021 (collection Quelqu’une).

La découverte de l’œuvre de Grisélidis Réal a été un grand choc pour moi. J’ai commencé à créer à partir de sa vie, de son œuvre. Un ensemble de textes publiés sur mon blog, deux livres pauvres en duo avec Sarah Battaglia et ce fanzine en ont découlé. Et ce n’est pas fini, elle continue de travailler mon écriture et mon imaginaire.

« Chère Grisélidis, lorsque je t’ai rencontrée pour la première fois, je t’ai reconnue tout de suite. Pourtant, tu étais déjà morte. Depuis longtemps. »

« Nous remontons la rue de Berne depuis la rue du Mont Blanc. Je cherche ta trace. Ta vie. Ici.

J’explique à mon fils que Grisélidis s’est prostituée ici. Qu’elle habitait le quartier.

Je t’ai trouvée. Au fond du Cimetière des rois. Bien cachée. Dans ce cimetière annoncé par nul panneau. Discret.

Tu as de la visite régulièrement. Des fleurs d’âge différent, sur l’herbe. Des cailloux disposés sur ta pierre tombale.

Je reviendrai te voir un jour de grand beau temps.

J’ai à peine le temps de formuler cette promesse, que je t’aperçois, sur le quai du tram (ligne 14, arrêt Stand), où tu attends, de même que moi.

Une toque de fourrure noire, glissée sur une longue chevelure tout aussi noire, lisse et brillante, yeux idem, entrapercus sous un parapluie crème. Un manteau sombre ajusté à la taille, comme une robe. Des boots blanches. Toi. Ta réincarnation. Une de tes filles.

Tu hantes le quartier. » (Page Facebook d’Angèle Casanova, 14/02/2026)

© Jacques Cauda

Sérigraphie issue du livre, © Jacques Cauda

MAMAN, MAMAN, J’AI RÊVÉ DE L’OURS

Textes d’Angèle Casanova, illustrations de Jacques Cauda, Editions du Carnet d’or, 2021 (collection Carnets).

« Épilogue – On dira que
En relisant ces textes, écrits pour certains il y a plus de dix ans, je me
rends compte que mon esprit me joue des tours. Au fil des années,
j’ai tenté plusieurs approches successives de certains souvenirs liés
au décès de ma mère. Comme si la densité de ces instants les écartait
de toute linéarité. Mon esprit se fait alors serpent qui se mord la
queue, encore et encore. Goûte et regoûte à l’horreur, pour mieux
s’en libérer, à doses homéopathiques, comme un vaccin.
Toujours est-il qu’en relisant ces ébauches, je me suis rendue compte
que certains détails changeaient. Qui faisait quoi. Qui était acteur et
qui subissait. À la casse, c’est moi qui arrache la chaussure de ma mère
de la carrosserie. Et pourtant, dans une occurrence plus récente, c’est
ma soeur. Certaines scènes semblent toujours différentes, et chaque
fois davantage au fur et à mesure que mon esprit se reconfigure, avec
le temps. Un jeu de rôle morbide se dessine. Aujourd’hui, on dira
que c’est moi qui tire la chaussure. Demain, ce sera ma soeur. Une
autre fois, notre mère, revenue à la vie. Qui arrache ma chaussure
de la voiture où je suis morte à sa place. La tête en bas. Devant cette
boîte de nuit où j’allais adolescente. On dira que je suis toi. On dira
que tu n’es pas morte. On dira que la mort, elle-même, n’existe plus.
Que nous coexistons tous, toute l’humanité, morts et vivants, en cet
instant. Tous. Ici. Ensemble. »

TERRE CREUSE

Textes d’Angèle Casanova, illustrations et postface de Jacques Cauda, Editions Z4, 2020.
Terre creuse rassemble des poèmes, récits et nouvelles écrits entre 2012 et 2016, qui dessinent une cartographie intime, tissée de secrets et d’inachèvement.

© Jacques Cauda

« Le visage peint, l’œil immuable, les
mains tournées vers le ciel, elle est
délicatement assise sur le secrétaire,
près d’un flacon de parfum et d’une
collection de boîtes anciennes. »

© Philippe Martin

ERRATIQUES

Poème d’Angèle Casanova, traduction en espagnol de Miguel Angel Real, photographies de Philippe Martin, préface de Marilyne Bertoncini, Editions Pourquoi viens-tu si tard, 2018 (collection Poésie, 18).

Poème sur la danse créé pour une performance (pecha kucha) présentée à Blaye dans le cadre du festival Zinzoline s’expose 2016.

« avant de se découpler en une gestuelle saccadée
dessinant des solides vibrants
erratiques aliens
faits de
lumière »

LÀ OÙ L’HUMAIN SE PLANQUE, suivi de À ouvrir dans trente ans.

Textes d’Angèle Casanova, couverture de Jacques Cauda, Editions Tarmac, 2017.

Jacques Ibanès, dans sa note de lecture sur mon livre (revue Textures, Les coups de cœur de Jacques Ibanès, 2017), évoque une « littérature de combat pour la survie« , ce qui me semble bien définir le périmètre commun des textes qui composent mon livre, Là où l’humain se planque et À ouvrir dans trente ans. Deux manières différentes d’aborder une même perte de réalité, dans un contexte contemporain, froid, urbain. Un homme est peu à peu détruit par une relation de couple toxique. Une femme, attachée dans une pièce, subit des viols à répétition. Des motifs simples, creusés jusqu’à l’os, dans une langue martelée.
Ces textes de 2013 ont marqué mon entrée en écriture.
En relisant Là où l’humain se planque, écrit en une seule journée dense et fiévreuse, j’ai découvert qu’il ne s’agissait pas vraiment d’une nouvelle, mais d’une sorte de poème. Et cette prise de conscience m’a brusquement fait changer de voie. Les points, utilisés de manière hypnotique, sont devenus des espaces, des retours chariots, ou sont restés des points. Mon style a évolué.
A ouvrir dans trente ans est également un texte charnière en ce qu’il représente une profession de foi d’écriture. Il m’a permis de circonscrire l’horreur de souffrances perçues par mon esprit hypersensible en les nommant, en appuyant dessus et en affirmant que je continuerai à le faire.
Dans les coulisses de Là où l’humain se planque, je suis devenue écrivain.

« Dire le monde tel qu’il est, même si
ça fait mal. Plonger la tête sous
l’eau, jusqu’à se noyer. Se foutre
des beignes pour ne pas oublier que
le monde est tel qu’il est, que ce
genre de truc, ça se passe tout
le temps, ailleurs, loin, et en
core, peut-être, derrière une porte
sur votre palier. »