Photographies

Je publie régulièrement des photographies sur mon profil Instagram @angele.casanova.

Principes :

  • Photographie de rue.
  • Utilisation du smartphone. Je ne sais jamais quand je vais voir une configuration intéressante, et ne peux l’anticiper. Cet outil me convient donc pour ma pratique. J’ai, par ailleurs, dans le cadre de mon projet à Harlem, été confrontée parfois à de l’hostilité, voire à de la violence, et pris l’habitude de simuler la consultation de mes réseaux sociaux pour prendre les photos les plus « tendues ».
  • Absence d’humains. Je ne photographie pas, pour le moment, les passants. J’attends que la rue soit déserte pour prendre une photo, sauf exceptions (ex : La rue de A à Z). Je suis intéressée par la géométrie, les couleurs, la minéralité des paysages urbains. Je procède de même dans la nature. Paradoxe : je ne dessine que des visages, et je photographie des situations, des lieux et la lumière.
  • Rapidité d’exécution. Je m’arrête, je réfléchis 2 secondes, je fais une ou deux tentatives en 5 secondes, j’efface celles qui me déplaisent et je repars. J’aime cette furtivité, ne pas réfléchir plus que nécessaire, ne pas gommer, renoncer au besoin.
  • Absence de retouches. Si je suis tentée de zoomer, c’est que je dois m’approcher. Si je ne peux pas, c’est que cette photo ne doit pas être prise.
  • Photos à l’aveugle. A contre-jour ou en plein soleil, il m’arrive de ne pas pouvoir checker ce que je photographie. J’aime cet aléatoire, ne pas savoir ce qu’il va en résulter. Devoir aller à l’ombre ou ailleurs pour regarder ce que j’ai pris en photo. Impossible, donc, de revenir en arrière et de refaire une photo.

La rue de A à Z est mon premier projet mêlant écriture et photographie de rue.

LA RUE DE A À Z, HARLEM, 2012-2019 [En cours d’écriture]

Textes, photographies, collages par Angèle Casanova.

Poèmes et prépublication du projet dans bad x 15 et autres textes, in : revue Les Cahiers de Tinbad, n°5 (Janvier 2018), Éditions Tinbad, p. 53-60.

Obtention d’une Bourse de création de la Région Bourgogne-Franche-Comté en 2018-2019.

Ce projet a été initié en décembre 2012 lors d’un premier séjour à Harlem. Ma sœur
ayant résidé 15 ans dans ce quartier, j’y suis revenue régulièrement jusqu’en 2019, pour des séjours qui m’ont permis d’imaginer un projet d’écriture au long cours.

© Angèle Casanova

« Harlem, mardi 18 juillet 2017

J’ai assisté à une block party dans la 119e entre ACPJ et Lenox, où habitait C., ma sœur, quand j’ai commencé mon projet. J’ai oublié de noter la date exacte de cette fête, et la décris après coup. Je pense qu’elle s’est déroulée le 8 juillet, mais n’en suis plus sûre. La rue, bloquée à la circulation, est animée, des barbecues improvisés le long des trottoirs. Le propriétaire de la maison voisine de celle de C. tient un stand de « Poulet à volonté » au pas de sa porte, et nous accueille chaleureusement. Les chamailleries de fin de bail sont oubliées. Tous les habitants de la rue sont assis dans leurs escaliers et discutent en nous regardant passer. Nous y revenons dans l’après-midi, et cette fois-ci, des enfants jouent à des jeux d’eau sur la chaussée. »